Le calamar, c'est l'appât à tout faire. Sur une palangrotte comme sur un bas de ligne monté à la volée, il attrape aussi bien le poisson de fond que le prédateur qui rôde au-dessus de la patate. Ce sachet de 500 g couvre largement une sortie à deux ou trois lignes, et ce qui reste retourne au congélateur pour la fois suivante. C'est le genre d'article qu'on garde en réserve au fond du congélo, à côté des sardines, parce qu'un jour de mordée molle il sauve la sortie.
Ce qui fait la différence avec un poisson d'esche, c'est la tenue. La chair du calamar est ferme et fibreuse : une lanière reste sur l'hameçon pendant que les petits picoreurs la travaillent, et elle encaisse le lancer comme la remontée depuis vingt brasses. Le blanc nacré joue aussi son rôle, visible de loin sur un fond de sable ou dans une eau chargée après la pluie. On l'esche entier pour viser gros, ou découpé en lanières de deux à trois centimètres taillées dans le manteau et les tentacules, en laissant une pointe libre qui ondule dans le courant. Le produit vient des Ets Bargibant, grossiste nouméen spécialisé dans le froid, donc la chaîne du froid est tenue jusqu'au comptoir.
Sur le Caillou, il travaille partout. À la palangrotte sur les fonds de sable et de corail du lagon, il est redoutable pour le bec de cane, la loche et les vivaneaux. En plus grosses lanières, il descend sur le tombant et les pêches profondes des passes. Coupé en bandes fines, il vient doubler un leurre à la traîne lente pour le thazard ou passer en surfcasting depuis le platier et les cailloux du bord. Sortez-le du congélateur le matin, gardez le sachet dans la glacière avec les boissons, et coupez au fur et à mesure sur une planche plutôt que de laisser tout le lot ramollir au soleil.