Le trident équilatéral reste l'accessoire de base du chasseur qui pêche au trou. Trois pics disposés en triangle, un filetage 6 x 100 qui se visse au bout de la flèche, et l'arbalète change complètement de registre : on ne cherche plus le passage net d'une pointe simple, on cherche à bloquer le poisson là où il se cache. Sur un tir à bout portant dans une anfractuosité, cette géométrie pardonne beaucoup, car les trois branches travaillent ensemble et retiennent la prise même quand l'angle n'était pas parfait.
Imersion fabrique cette pièce en acier avec un revêtement zinc bleu, un traitement qui limite la corrosion sans alourdir l'ensemble. Les pics font 5 mm de diamètre pour 130 mm de longueur totale, avec des ardillons qui empêchent le poisson de se décrocher pendant la remontée. C'est un consommable : on le tord, on le redresse, on l'affûte, et on le remplace quand il a trop servi. À ce prix, mieux vaut en avoir deux dans la caisse que d'écourter une sortie.
Le grand modèle se distingue du baby par un écartement de branches plus généreux, pensé pour les poissons de taille moyenne plutôt que pour la petite pièce. En Nouvelle-Calédonie, c'est exactement ce qu'on veut sur le platier et autour des patates de corail : picot, mulet, perroquet, bec de cane calé sous une dalle, loche de trou qu'on va chercher à courte distance. Monté sur une arbalète de 60 à 75 cm, il fait le travail dans le corail sans transpercer la roche derrière. Pour la chasse au bleu sur carangue ou thazard, restez en revanche sur une pointe simple ou un tahitien.