La flèche tahitienne reste la pièce que l'on casse, que l'on tord et que l'on rachète le plus souvent. Imersion la fabrique en France dans son acier inoxydable Coralign, un inox travaillé pour encaisser la traction des sandows sans prendre de banane au premier tir manqué sur la patate de corail. Le diamètre 6,5 mm est celui que la plupart des chasseurs calédoniens gardent en fusil polyvalent : assez lourd pour porter, assez fin pour rester nerveux sur des armes de taille moyenne.
La tête Delta à trois faces attaque le poisson au lieu de glisser dessus, ce qui compte sur des écailles épaisses comme celles d'un bec de cane. Deux trous de passage de fil sont percés sur le fût, dont un placé au-dessus des encoches : si la flèche casse au niveau du talon, le poisson reste au bout du fil au lieu de partir avec la pointe. Le talon fraisé se loge proprement dans la tête du fusil et l'ardillon de 75 mm, monté à partir de la longueur 115 cm, tient une prise sérieuse.
La 160 cm change de registre. Cette longueur se monte sur les armes de 110 à 120 cm, celles que l'on sort au tombant, en bordure de passe ou à l'agachon quand on espère une carangue GT ou un thazard. Le fût plus long garde de l'énergie sur la distance et traverse mieux un poisson large de dos. En contrepartie il faut de l'eau claire et de la place devant soi, donc on la réserve au bleu plutôt qu'aux fonds encombrés du lagon intérieur.