La série Tag-Em de Shimano a été pensée pour rendre la pêche au gros accessible sans rogner sur la solidité. Neuf à dix modèles composent la famille, du bâton de traîne 10 kg à la canne à espadon, en passant par des versions spinning. Shimano Australie, qui distribue la gamme, annonce la couleur : des blanks en fibre de verre E-Glass, des composants Pac Bay et/ou Fuji selon les modèles, et des talons Carbon Slick qui se dégagent facilement du porte-canne quand un poisson charge. Rien de superflu, du matériel qui encaisse.
Le E-Glass n'est pas là par hasard. Là où un carbone haut module gagne en légèreté, la fibre de verre encaisse les à-coups, les chocs de portique et les combats qui durent une heure sous un soleil de plomb. C'est une canne qui plie, qui remonte, et qui pardonne les erreurs de frein. Les anneaux surdimensionnés et les rouleaux laissent passer les raccords de bas de ligne sans accrocher, et la poignée EVA longue permet de bloquer la canne contre le ventre ou dans le baudrier.
Cette référence-ci, c'est la Sword : classe de ligne 80-100 lb, montage en 2 brins avec talon coudé, taillée pour la traîne lourde et le deep drop. En Nouvelle-Calédonie, c'est le bâton qu'on sort quand on descend un vif sur le tombant à la sortie de la passe de Dumbéa ou de Boulari, ou qu'on pêche profond au large pour le vivaneau des grands fonds. Le talon coudé garde la canne au bon angle dans le porte-canne pendant qu'un moulinet électrique travaille, et la puissance de blank annoncée en 80-100 lb correspond à ce qu'il faut pour un thon jaune de belle taille, un gros thazard ou un marlin bleu croisé sur le tombant externe. Sur une canne de cette classe, on l'associe logiquement à un moulinet de type 50 ou 80 à frein à levier.