La Saltist électrique de Daiwa, c'est la canne que l'on sort quand la sonde affiche 250 mètres et que personne n'a envie de remonter un plomb de 800 grammes à la main. Elle a été dessinée autour du moulinet électrique (les Japonais parlent de canne « dendoh ») : blank court, très costaud, et surtout un talon coudé, le fameux bent butt, qui vient se caler dans le baudrier ou dans le porte-canne sans jamais partir de travers quand la bête décide de plonger.
Le blank est en fibre de verre avec un scion plein. Ce n'est pas la canne la plus légère du râtelier, mais c'est exactement ce qu'on lui demande : encaisser des heures de traction sans broncher, garder une nervosité suffisante pour lire les touches molles des poissons de fond, et pardonner les à-coups de mer. La version SWT reçoit un scion à anneau émerillon, qui pivote sous la charge : la tresse ne vient plus scier dans un anneau fixe quand la ligne part sur le côté du bateau, et la friction chute nettement pendant la remontée motorisée. Le talon coudé se démonte pour le rangement et le transport.
Le modèle 56HT, c'est le format 5'6" en puissance heavy, calibré PE 6 à PE 10 et 80 à 120 lb : la fourchette idéale pour la pêche profonde calédonienne sur les tombants extérieurs, là où l'on va chercher les bec de cane, les vivaneaux rouges et les grosses loches entre 150 et 350 mètres. Le levier est court, donc le poisson travaille contre le moulinet et pas contre vos lombaires. C'est aussi une bonne base pour la traîne lourde en dehors de la barrière, sur le thon jaune et le thazard, quand on veut une canne qui ne bronche pas dans le porte-canne. Pour du jig léger ou de la pêche fine sur le platier, passez votre chemin, elle est bien trop dure.