La Powertip est la canne à appâts qui traîne dans à peu près tous les bateaux australiens depuis des décennies, et elle a fait le voyage jusqu'ici pour les mêmes raisons : elle encaisse, elle ne coûte pas un bras, et elle pardonne les erreurs. Le blank est un composite fibre de verre et carbone avec un scion plein intégré, pas rapporté. Ce scion plein, c'est toute l'idée de la gamme : il plie sous la touche la plus timide et vous laisse voir la tête d'un bec de cane qui mordille avant même que vous ne sentiez quoi que ce soit dans la main.
Le reste de la construction va dans le même sens, du solide sans fioriture. Anneaux en oxyde d'aluminium, porte-moulinet graphite qui ne se gripe pas au sel, poignées EVA que l'on rince au jet en rentrant. Silstar décline la Powertip sur plus de cinquante références, du fouet léger au bâton de fond offshore, avec des puissances qui vont de 1-3 kg à 15-24 kg selon la longueur et le nombre de brins.
Ici on est sur la PF-602SWH : 6 pieds, deux brins, 8-12 kg. Le format court est délibéré, c'est une canne de pont et pas une canne de plage. On la tient d'une main au-dessus du tableau arrière, pointe basse quand un poisson passe sous la coque, et les deux brins la font rentrer dans un coffre ou un sac de voyage sans jouer les mâts de perroquet. La plage 8-12 kg est le calibre passe-partout du lagon calédonien pour la pêche au vif et à l'appât sur patates et petits tombants : bec de cane, saumonée, loche de taille raisonnable, carangue de récif, et de quoi discuter avec un thazard qui se pointe sur le vif. Associez-lui un spinning taille 4000 à 5000 garni de 30 lb tressé, réglez le frein serré dès le départ, et vous décollez le poisson du corail avant qu'il n'y rentre.