La Power Tip est la colonne vertébrale du catalogue Silstar : une gamme de cannes à appât née en Australie, montée sur un blank composite graphite et fibre de verre avec un scion plein intégré au blank. C'est ce scion massif qui fait la réputation de la série. Il encaisse les coups de tête sans casser, il plie franchement sur la touche, et il pardonne les fausses manœuvres d'un débutant comme les à-coups d'une mer formée. Anneaux en oxyde d'aluminium, porte-moulinet graphite, poignées EVA travaillées pour la main : rien d'exotique, tout est fait pour durer et pour se laver au jet en rentrant de sortie.
Silstar, distribuée par Rapala Australia, décline la Power Tip sur des dizaines de longueurs et de puissances, du petit ensemble de quai jusqu'aux modèles bateau destinés à descendre de grosses esches sur les fonds. Le principe reste le même d'un modèle à l'autre : un blank qui travaille sur toute sa longueur, un scion visible qui signale la moindre tapette, et une réserve de puissance dans le talon pour décoller un poisson du fond.
Cette version 5'6" en deux brins, montée en puissance lourde et pensée pour le bateau, est la canne courte de l'embarcation. Un mètre soixante-huit, ça se manie sans gêner personne dans un 5 mètres, ça se range en travers du coffre une fois démonté, et le bras de levier réduit joue en votre faveur quand un poisson se cale sur le fond. C'est l'outil du pêcheur au vif ou à l'appât sur les tombants calédoniens : loche, bec de cane, saumonée, mérou en dérive au-dessus du récif, thazard descendu en profondeur près des passes. La partie basse a de quoi contrer une bête qui cherche la patate de corail, pendant que le scion plein garde la finesse pour lire une touche de bec de cane sur 40 mètres de fond. À monter avec un moulinet à tambour tournant ou un spinning de bonne taille, en tresse, avec un bas de ligne fluorocarbone costaud : dans le lagon comme au tombant, ce sont les frottements sur le corail qui coûtent les poissons, pas le manque de puissance.