La fonderie Lemer fabrique ce plomb quéquette depuis des décennies, et il reste l'un des lests les plus simples à utiliser de toute la boîte à pêche. Sa forme allongée, effilée vers le bas, s'enfonce droit dans l'eau au lieu de partir en vrille comme un plomb plat, et l'anneau moulé en tête reçoit directement l'émerillon du bas de ligne. Chez Lemer, la gamme est classée dans les plombs universels : le même modèle sert en rivière comme en mer, ce qui explique qu'on le retrouve dans presque tous les coffres de barque.
Ici la version plastifiée blanche. Le revêtement plastique n'est pas cosmétique : il tient le plomb pur à l'écart du fil et des doigts, encaisse les chocs contre le platbord et limite le marquage du pont quand ça remue. Lemer décline le même plomb en brut, plastifié blanc et plastifié noir, en quatre masses, 20, 60, 100 et 140 grammes, vendues au blister ou en vrac selon les revendeurs. Un lest reste un consommable en pêche calédonienne : on en perd sur le corail, mieux vaut en avoir plusieurs d'avance dans la caisse.
Les 100 grammes, c'est la masse à tout faire du lagon. Assez lourd pour tenir le fond par vingt à trente mètres quand le courant de marée pousse dans une passe, assez léger pour ne pas assommer la touche discrète d'un bec de cane ou d'un rouget sur fond de sable. On l'utilise surtout à soutenir au mouillage, en paternoster avec deux empiles, pour le bec de cane, la loche de patate et le perroquet en bordure de tombant. Sur du sable blanc corallien, le blanc du revêtement passe inaperçu là où un plomb noir fait tache. Si le courant force vraiment sur le tombant extérieur, passez au 140 g plutôt que d'ajouter de la longueur de fil.