Sur une arbalète, la pièce qui lâche en premier n'est presque jamais le sandow lui-même : c'est le montage qui relie ses deux extrémités et vient accrocher la flèche. Cette paire d'obus Imersion est exactement ça. Deux ogives en plastique noir au corps strié, qui se vissent sur les bouts de sandow, et entre elles un fil Dyneline qui prend la flèche au moment de l'armement. L'ensemble arrive monté, prêt à poser sur l'arbalète.
Le plastique n'est pas ici un choix au rabais. Une ogive plastique ne rouille pas, ne marque pas le fût de la flèche et pèse moins qu'un montage inox, ce qui se sent sur un mécanisme qu'on arme des dizaines de fois dans une sortie. Le fil, lui, c'est du Dyneline, la tresse Dyneema d'Imersion, connue pour son très faible allongement et sa tenue à l'abrasion. Imersion fabrique ces pièces à Thiers, dans le Puy-de-Dôme, et les vend en pièce détachée. Un point de montage à connaître avant de commander : un fil s'accommode mieux d'une flèche à ergots que d'une flèche à encoche standard, où il finit par travailler et casser.
En Nouvelle-Calédonie, l'obus est une pièce d'usure, pas un accessoire qu'on garde dix ans. Entre le sel, l'UV et les armements répétés au-dessus du platier, le fil s'effiloche et l'ogive finit par jouer sur le sandow. Vu le prix de la paire, autant en garder une de rechange dans la caisse du bateau ou dans la poche de la bouée, à côté d'une flèche de secours. Rien de plus rageant que d'écourter une dérive sur le tombant parce qu'un fil a cédé juste avant le passage d'une belle loche. Avant de visser, un réflexe : contrôler le diamètre des sandows en place, c'est lui qui conditionne la tenue de l'ogive.