Un masque de chasse se juge sur trois choses : le volume, la jupe et ce qu'il laisse voir de vos yeux. L'Abyss coche les trois. Deux verres, 98 cm³ de volume interne, autrement dit un masque qui se compense sans effort et se vide d'une seule expiration quand on descend à l'agachon. La jupe silicone noire enveloppe le visage avec une lèvre souple qui plaque bien sur la plupart des morphologies, sans lumière parasite sur les côtés.
La particularité de cette version, c'est le traitement des verres. Le miroir laisse passer en priorité les couleurs qui s'effacent avec la profondeur, celles qui deviennent grises au-delà de quinze mètres, et il masque le regard du chasseur vu de l'extérieur. Un poisson qui vient inspecter ne croise plus deux yeux fixes. Les verres sont trempés, le cerclage adopte une finition imitation carbone, et les boucles articulées se règlent d'une simple pression, même avec des gants sur les mains. Le masque est conforme CE et arrive dans sa boîte de protection.
En Nouvelle-Calédonie, c'est un masque d'affût. Posté derrière une patate de corail ou allongé au pied du tombant en attendant qu'un bec de cane ou une loche vienne voir, on gagne à ne pas trahir son regard. Le petit volume prend tout son sens quand on enchaîne les descentes dans les passes, où chaque compensation compte. Il fonctionne aussi bien en apnée pure, en randonnée palmée sur le platier ou en accompagnement d'une sortie photo sous-marine.