Le Flutter de Black Magic, marque néo-zélandaise, est un jig métallique à profil volontairement inégal : une de ses faces est creusée d'une cuillère peu profonde. C'est ce déséquilibre qui le fait papillonner à la descente au lieu de couler droit. Il glisse, bascule, repart sur le côté, comme un petit poisson qui a pris un coup et décroche dans la colonne d'eau. Le fabricant le destine aux courants forts et aux dérives, et c'est justement là qu'il se montre le plus convaincant.
Deux façons de le pêcher. En « lift and flutter », on lève la canne, on laisse retomber sur un fil détendu et la touche arrive presque toujours pendant la chute. En dead sticking, on le laisse simplement travailler dans le courant de dérive, canne au repos. Toutes les finitions sont holographiques avec une bande ou des rayures UV sur le ventre, utiles quand la lumière baisse ou que l'eau se charge. Le jig arrive monté d'un assist hook extra fort, en 5/0 ou en 7/0 selon le poids.
Chez nous, le choix du poids se fait surtout selon la profondeur et le courant. Les 60 et 80 g servent au lagon, sur les patates et le bord des platiers, pour les becs de cane, les petites carangues et les loches. Le 100 g et le 150 g sont des valeurs sûres pour les passes et le haut du tombant, avec le thazard en embuscade à la remontée. Les 200 et 300 g, eux, vont chercher le fond à l'extérieur du récif quand la dérive est rapide : vivaneaux, grosses loches, et une vraie chance de sortir une carangue GT ou un thon qui ne laisse pas le leurre remonter tranquillement.