Le Hareng de Ragot fait partie de ces cuillers de mer que les pros sortent quand il faut aller chercher le poisson vite et loin. Profil large, corps plat et bien plombé : le leurre file au lancer, descend droit et se met à osciller dès qu'on le relance. La finition est soignée, avec des stries qui accrochent la lumière, un flanc holographique très scintillant et un œil 3D qui donne le point de mire aux prédateurs. L'hameçon triple monté d'origine est du costaud, ce qui compte quand une bonne carangue démarre sous le bateau.
Ce leurre se pêche de plusieurs façons. Au lancer-ramener depuis les cailloux ou une pointe rocheuse, ramené vite et en linéaire, il imite une petite pélagique en fuite. En dandine sur une patate ou le long d'un tombant, on le laisse couler puis on l'anime par coups secs, comme un jig, en surveillant la bannière pendant la descente : neuf touches sur dix arrivent là. Le coloris Purple Petrol joue la carte du violet profond sur le dos et du vert irisé sur les flancs, un mariage qui ressort bien dans l'eau un peu chargée ou par ciel gris.
Le 75 g est la taille passe-partout du lagon calédonien. Assez lourd pour traverser le vent d'alizé et tenir dans le courant d'une passe, assez discret sur ses 95 mm pour ne pas effrayer une carangue bleue ou un thazard qui chasse sur de la petite proie. C'est le grammage à monter sur une canne casting mer de 20-80 g pour taquiner les carangues sur les platiers de l'îlot Maître, prospecter un tombant à 15-25 m au bec de cane et à la loche, ou balancer dans une chasse de bonites au retour de journée. En traîne lente derrière le bateau, il travaille aussi très bien.