La série Extraction est la réponse de Shimano aux pêcheurs qui veulent une canne solide sans y laisser un salaire. Le blank est en carbone haut module T45, un carbone fin et nerveux qui garde du réservoir dans le talon : on sent la touche dans la main, et on garde de quoi bloquer un poisson qui part vers le corail. La construction en deux brins avec coupe au niveau du talon conserve une action continue, contrairement aux vieilles cannes de voyage qui cassaient leur courbe au raccord.
Côté équipement, Shimano n'a pas fait d'économies : anneaux Fuji K-Series à insert SiC, dont la forme inclinée évite que la tresse vienne se prendre autour des pattes au lancer. Le porte-moulinet est verrouillé par des bagues métal, le talon est habillé d'EVA sur toute sa longueur, matière qui supporte les frottements du rack et le sel. Le bout de talon est prévu pour ne pas tourner dans un porte-canne, détail qu'on apprécie quand ça décolle à trois cannes en même temps.
Ce modèle 702 en 30-50 lb, c'est le format polyvalent du lagon calédonien. 2,13 m, plage de leurres 40 à 100 g : de quoi envoyer un stickbait ou un popper de taille moyenne sur les patates du platier, animer un jig de 80 g sur un tombant à 40 m, ou tenir un vif pour le bec de cane. La puissance 30-50 lb encaisse la première course d'une carangue GT de taille moyenne et le rush vertical d'une loche, tout en restant assez souple pour ne pas décrocher un thazard qui secoue la tête en surface. Sur un bateau, c'est la canne qu'on laisse montée toute la journée.