Avant une sortie, le vrai chantier c'est l'appât. L'épervier règle la question en quelques lancers : on repère un banc de sardines ou de petits mulets le long d'une plage, on ouvre le filet au-dessus, la chaîne file vers le fond et le vivier se remplit. Ce modèle est monté en maille de 10 mm, une maille fine qui garde le menu fretin que les éperviers de 25 ou 30 mm laissent passer. La nappe fait 3,00 m de hauteur, un format qui reste lançable à bout de bras sans devenir un exercice de force.
Le fil est un monofilament de 0,28 mm. Il glisse dans la main au moment du lancer, ne retient pas l'eau et se rince en deux minutes au jet. Le lestage est confié à une chaîne montée sur toute la bordure basse, et non à des plombs rapportés espacés les uns des autres. La charge est donc répartie de façon continue sur tout le pourtour, au lieu d'être concentrée sur une série de points. Une fois sec, l'épervier se roule et tient dans un seau ou dans un coffre de bateau.
En Nouvelle-Calédonie, l'épervier figure sur la liste du matériel de pêche autorisé publiée par la province Sud, et c'est le seul filet admis dans les estuaires, où toutes les autres pêches au filet sont interdites. Autant dire qu'il a sa place à l'embouchure des creeks, sur les plages du littoral et le long des wharfs, de préférence tôt le matin. Les vifs ramenés ainsi partent ensuite au bout d'une ligne de traîne ou d'une palangrotte pour le thazard, la carangue GT, la loche ou le bec de cane. Ceux qui pêchent au vif sur le platier savent que la sortie se joue souvent avant même d'avoir démarré le moteur.