La crosse, c'est la pièce qui prend tout : les chocs contre le corail, les chutes sur le pont, le sel qui s'installe partout. Sur l'arbalète Thazard d'Imersion, fabriquée à Thiers en France, elle regroupe la poignée, la cassette et le mécanisme de tir dans un seul bloc de rechange. Quand le mécanisme commence à décrocher tout seul, quand la gâchette accroche ou que la poignée a pris un mauvais coup, on remplace l'ensemble plutôt que de racheter un fusil complet.
Le montage se fait sur le tube aluminium Ø 25 mm de la gamme Thazard, du 35 cm au 90 cm : même diamètre sur toutes les longueurs, donc la crosse va sur n'importe laquelle. Le mécanisme reçoit la flèche filetée Ø 7 mm en acier et la retient jusqu'au tir. La cassette rouge sert de logement au mécanisme et de garde pour la main. Rinçage à l'eau douce après chaque sortie, séchage complet, stockage à l'ombre : c'est ce qui fait durer la pièce.
En Nouvelle-Calédonie, un fusil de 75 ou 90 cm sur le tombant ou dans une passe encaisse des tirs sur des bêtes qui tirent fort : carangue GT, thazard, grosse loche de patate. C'est précisément là que le mécanisme prend cher, et là qu'un décrochage intempestif coûte le poisson de la journée. Garder une crosse complète dans la caisse à matériel, c'est repartir à l'eau le lendemain matin au lieu d'attendre un colis de métropole pendant trois semaines. Sur les petits modèles 35 à 50 cm, plus maniables sur le platier et dans les patates de corail, la pièce est exactement la même.